MENUMENU

Opération myopie. Conditions de la réussite


Question

Est-ce que l’opération de la myopie améliore l’acuité visuelle la nuit, notamment pour la conduite automobile, et peut remédier à l’effet de halo autour des sources lumineuses (phares, lampadaires, etc), que je perçois actuellement avec des lunettes (d’après un contrôle récent, ma myopie n’a pas bougé; ces halos ne sont donc pas un signe de sous-correction ou de baisse d’acuité).

Réponse du Docteur Marc Timsit

Une opération de myopie réussie nécessite l’optimisation de deux conditions : la sécurité et la qualité.
Elle va conditionner la vision de toute une vie.

J’ai été l’un des premiers chirurgiens en Europe à utiliser le laser femtoseconde

en 2004. Depuis cette date je l’utilise pour tous mes patients pour découper le volet de lasik en raison de la sécurité et de la précision indiscutables qu’il apporte à la place de la découpe classique avec le microkératome (rabot). Il n’est pas inutile de faire le point après 15 ans d’utilisation où les différentes versions de laser femtoseconde ont notablement fait évoluer la technique. Voir : Lasik avec laser femtoseconde. Le recul

L’utilisation du laser femtoseconde s’est maintenant répandue dans les centres ayant les moyens financiers de l’acquérir. Ses avantages (sécurité et précision) sont évidents. Voir: Lasik laser femtoseconde

L’expérience du chirurgien

joue en matière d’utilisation du laser femtoseconde et cela va influer sur le résultat. Il faut en effet:
– trouver le bon compromis entre un volet fin permettant de laisser plus de cornée résiduelle et un volet plus épais minimisant le risque de plis ou micro-plis nuisibles pour la qualité de la vision.
– utiliser une géométrie de découpe des bords permettant une cicatrisation plus rapide et plus solide.
– certains types de volet permettent de diminuer l’incidence de la sécheresse oculaire très fréquente.
– certains types de volets permettent une correction plus précise de l’astigmatisme.
– il existe plusieurs lasers femtoseconde, tous ne sont pas équivalents. Voir : http://www.ophtalmologie.fr/laser-femtoseconde-lasik.html

Cependant le laser femtoseconde n’est que le moyen de découpe du volet, ce n’est pas le traitement de la myopie

La phrase « je me suis fait opérer au laser femtoseconde » ne signifie pas grand-chose car le résultat de l’opération dépend beaucoup de la qualité du traitement par le laser excimer  qui va être appliqué ensuite, après la découpe du volet au laser femtoseconde, pour corriger la myopie. Voir  http://www.ophtalmologie.fr/lasik-laser-excimer-myopie.html
Il existe de multiples lasers excimer, ils ne sont pas équivalents, chacun ayant ses spécificités. Pour chaque patient il existe un laser excimer qui sera plus performant.
Et pour chaque laser il y a de nombreuses possibilités de programmer la correction désirée, certaines étant plus performantes que d’autres.
L’idéal est donc un plateau technique pouvant offrir au chirurgien le maximum de possibilités de choix de lasers, cela est rare en France. Le chirurgien doit alors savoir utiliser chacun de ces lasers et être à l’aise avec leur maniement pour pouvoir choisir pour chaque patient le laser qui donnera le meilleur résultat. Un chirurgien n’utilisant qu’un seul laser aura tendance à ne promouvoir que celui-là.

Si une opération de la myopie par PKR a été décidée à la place du lasik 

il n’y a pas de découpe d’un volet au laser femtoseconde. Il faut savoir que :
-La programmation du traitement doit être effectuée de la même manière qu’en Lasik pour optimiser le résultat.
– les suites sont plus longues et désagréables voire douloureuses et l’absentéisme plus long.
– le risque infectieux est plus grand.
– la récupération visuelle est plus lente, pouvant demander plusieurs mois. Voir http://www.ophtalmologie.fr/laser-excimer-epilasik-pkr.html
– c’est pour ces deux dernières raisons que nombre de chirurgiens préfèrent opérer les deux yeux séparément. Il y a alors un décalage gênant entre les deux yeux pendant l’intervalle entre les deux opérations.
– le résultat est moins précis car dépendant de la cicatrisation de l’épithélium. Il est difficile à ajuster par une retouche car il faut refaire toute l’intervention ce qui n’est pas engageant pour de petites anomalies. Si on décide de ré-opérer il faut attendre un an la cicatrisation complète. Contrairement au lasik où la reprise est aisée par simple soulèvement du volet 2 ou 3 mois après.
– il existe un risque majoré de régression du résultat surtout pour une myopie forte, un risque spécifique de haze, voile cornéen cicatriciel gênant la vision qui guérit dans la majorité des cas mais parfois en plusieurs années. Ce risque est accru en cas de reprise.
Voir : http://www.ophtalmologie.fr/operation-myopie/pkr-lasek-epi-lasik-f87.html

Actuellement le but de la chirurgie de la myopie n’est pas seulement de supprimer les lunettes ou les lentilles.

Le patient s’attend aussi à bien voir, et cela est légitime. Il est souvent aussi possible d’obtenir, avec des techniques appropriées, une vision qu’il n’a jamais connue, une ‘supervision’, une vision haute définition. C’est aujourd’hui, le principal facteur de satisfaction des patients. Qualité de vision signifie mieux voir la nuit, par temps de brouillard, de pluie, de forte luminosité. Meilleure perception des distances, du relief, des vitesses, des couleurs. La chirurgie réfractive est passée d’une chirurgie standard où chaque patient était traité de façon identique en fonction de son chiffre de myopie à une chirurgie personnalisée, optimisée, en fonction de chaque cas.
Voir : http://www.ophtalmologie.fr/myopie-lasik.html

Une analyse insuffisante de tous les paramètres et l’insuffisance de correction de tous les défauts de l’oeil peut aboutir à une vision insatisfaisante. Il peut s’agir d’une vision floue, non contrastée, d’une vision dédoublée avec images fantômes, d’un éblouissement, de halos et diffusions autour des lumières, d’une mauvaise vision nocturne… Voir http://www.ophtalmologie.fr/correction-myopie-1.html
L’obtention d’une vision nette dépend de nombreux paramètres qui doivent tous être analysés. Par exemple les variations du chiffre de myopie en fonction de l’éclairement et de la pupille (un exemple: http://www.ophtalmologie.fr/operation-myopie-personnalisee.html  la taille de la pupille dans différentes conditions d’éclairement en particulier de vision nocturne, l’analyse des aberrations optiques traduisant l’ensemble des défauts optiques de l’oeil…
Que l’opération ait lieu par lasik ou par pkr, l’obtention d’une vision de bonne qualité va dépendre de l’analyse précise de la correction à effectuer aussi bien de la myopie mais aussi de l’astigmatisme. En ce qui concerne l’astigmatisme il est important de bien définir son axe (c’est-à-dire de l’axe dans lequel la cornée est cambrée), cela n’est pas toujours facile et nécessite des examens précis et sophistiqués. Une correction inappropriée de l’astigmatisme est souvent en cause dans la genèse d’une vision floue. Voir: http://www.ophtalmologie.fr/operation-astigmatisme.html

Malheureusement, comme le montrent de nombreux témoignages sur les forums, il n’est pas rare de ne plus porter de lunettes, d’avoir 10/10 mais aussi une vision floue ou des effets secondaires.

 
http://www.ophtalmologie.fr/operation-myopie/lasik-troubles-vision-flou-visuel-vue-dedoublee-t4434.html

http://www.ophtalmologie.fr/operation-myopie/operation-myopie-moyenne-resultat-insuffisant-t5223.html 

Le patient attend alors beaucoup d’une « retouche » avec l’idée qu’il y aura une deuxième chance et qu’une éponge magique va gommer tous les défauts. Cette ré-opération est simple s’il ne s’agit que d’une sous-correction de la myopie. Elle est beaucoup plus délicate et aléatoire s’il s’agit d’une sur-correction ou de troubles de la qualité de la vision. Il est alors rare qu’elle puisse être effectuée et lui donner satisfaction. Voir : http://www.ophtalmologie.fr/chirurgie-myopie-retouche.html

http://www.ophtalmologie.fr/operation-myopie/operation-myopie-temoignages-malheureux-t5218.html

Il apparaît donc important que l’opération soit réussie d’emblée.

L’un de facteurs de la réussite est que  le chirurgien effectue lui-même tous les examens permettant de faire les meilleurs choix de laser et des paramètres qui vont servir à programmer l’opération. Cependant cela demande du temps et une grande disponibilité et ce n’est pas souvent possible pour tous les chirurgiens.
De la précision et de la pertinence des examens va dépendre la programmation de l’opération et la responsabilité du chirurgien est impliquée dans le résultat.
La bonne réalisation de l’intervention va aussi conditionner le résultat, en particulier en ce qui concerne la gestion des mouvements de l’oeil, inévitables, et le bon centrage du traitement.

Des aléas

enfin, peuvent survenir même dans des mains expertes, bien qu’ils soient alors rares ou des suites compliquées, sources d’inquiétude. L’expertise du chirurgien peut permettre de gérer au mieux la situation. Il est donc indispensable que le chirurgien assure lui-même les suites post-opératoires, qu’il soit disponible pour revoir l’opéré en consultation et joignable à tout moment par téléphone ou par mail.

http://www.ophtalmologie.fr/operation-myopie/operation-myopie-temoignages-malheureux-t5218.html

Du choix du chirurgien va donc dépendre en grande partie la réussite de l’opération.
Voir : http://www.ophtalmologie.fr/ophtalmologue-chirurgien.html

Marc TIMSIT